Coin du feu

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1908-01-01 - 1908-01-01

T’attarder à la rêverie

Que l’esprit des tisons te siffle,

Est-ce par peur du vent qui crie

Ou que la grêle ne te gifle ?

S’il fait mauvais, crève la vitre !

Ta bouche à la chaleur se gerce,

Laisse interrompre ton chapitre

Et va boire à même l’averse.

Dehors, dure et bonne est la vie ;

Ton âme attend que tu la mènes.

Dehors, ce sont cent mille chênes

Qui chantent de toute leur pluie.

Il pleut ! Il pleut sur ton royaume !

Va ! Cours les routes et les pistes !

. Le livre, est trop lourd pour tes paumes,

Et les conseils du feu sont tristes.

Va !… Câline est la cheminée

A l'heure où la tempête hue,

Mais que pesante une journée

De n’avoir pas été vécue !