Colère

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1918-01-01 - 1918-01-01

Je me sens parfois si sauvage

Sur mon cheval

Que la rencontre d'un visage

Me fait du mal.

Seule le long des routes vides,

L'esprit béant,

J'ouvre tout grands mes yeux avides

Sur le néant.

Le vent du galop qui m'emporte

Aux lointains bleus

Tord la crinière et mes cheveux

De même sorte.

O monde mourant d'anémie,

Fuis mon chemin !

Laisse-moi ! Je suis l'ennemie

Du genre humain.