Complainte
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Le premier jour… L'aube est sans. doute
Trop heureuse pour s'effacer
Et reste aux pommiers de la route !
Le ciel rit dans l'eau des fossés…
Un ciel frais éclos… Et j'écoute
Tous les baisers de fiancés
Qu'apporte le vent. Passe, tendre
La journée… Ah ! Seigneur très bon !
L'aube illumine encor mon front…
Et c'est doux d'attendre…
Laire, laire, LonLaire, laire, Lon
Le second jour… L'aube a sans doute
Joué son sort, la nuit, aux dés…
Elle est rouge et court sur la route !
En passant, sa joue a fardé
Tous les arbres des bois… J'écoute…
Est-ce le cri des possédés ?
Le père en tremble sur ses jambes !
Au feu ! au feu ! Seigneur, plains-la !
…L'aube a brûlé mon toit, hélas !
Et ma maison flambe…
Laire, laire, lon !Laire, laire, lon !
Le dernier jour… l'aube est sans doute
Bien trop lasse pour se lever…
Des corbeaux, au loin sur la route,
Achèvent un cheval crevé.
Il neige, et j'ai si froid… J'écoute
Quand la cloche sonne un ave,
Le glas de l'écho… Passe, lente,
La journée…. Ah ! j'ai mal, Seigneur !
Car le froid m'a gelé le cœur
Et la mort me hante !…