Condoléances

By Robert Montesquiou

Written 1896-01-01 - 1896-01-01

La frondaison est si verte

Qu'on croit voir à perte, à perte

De vue, un espoir vivant

Qui se courbe sous le vent.

La roseraie est si rouge

Qu'au loin on croît voir qui bouge,

Sous la lumière du jour,

L'ardeur d'un vibrant amour.

L'eau du bleu lac est si bleue

Qu'il semble voir une lieue

D'éclatante pureté

Ruisseler sous la clarté.

La clématite est si blanche

Qu'on croirait voir qui se penche

Pour répandre son odeur

Sur nous, toute la candeur.