Confession

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1930-01-01 - 1930-01-01

Une purification

Par l'expérience totale,

C'est le mot de ma face pâle.

Je suis morte à la passion.

Plus chaste que même l'enfance

D'avoir connu tous les secrets,

Je n'attends plus aucun « après ».

Mon avenir : indifférence.

L'automne vient. Mais mes quinze ans

N'avaient pas cet esprit candide

Qui mène mes rêves grisants,

Maintenant que mon cœur est vide.

Je puis, exorcisée enfin,

Bondir en pleine poésie.

Ma solitaire frénésie

Est sans retours, dégoûts ni fin.

Ah ! quelle est 'belle, la lumière,

Depuis que nul masque amoureux

Ne met son ombre funéraire

Entre le soleil et mes yeux !

Je suis sans esclave et sans maître,

— O solitude, ô liberté ! —

Et, pour mieux goûter ce bien-être,

Gardant un reste de beauté,

Plus semblable à votre innocence,

Pommiers fleuris du printemps frais,

Qu'au jour où mon adolescence

Aimait tout ce que j'ignorais.