Contre l'Or

By Auguste Lacaussade

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Quand l'or me fuit, et souvent ce perfide

Aux plaisirs décevants

Bien loin s'envole, et son aile est rapide

Comme l'aile des vents ;

Jamais alors, jamais ma voix n'invite

Le traître à revenir :

Mon ennemi fuit le toit que j'habite,

Pourquoi le retenir ?

Des vains soucis sa fuite me délivre.

Les semant par les airs,

Je prends ma lyre et mon esprit s'enivre

A la coupe des vers.

Mais quand il voit quel dédain ma sagesse

A pour ses dons changeants,

Il me revient, l'infidèle, il me presse

D'accueillir ses présents.

Non ! loin d'ici, trompeur fertile en ruses,

Loin de moi pour toujours !

A tous les biens je préfère les Muses,

Ma lyre et mes amours.