Coquin d’populo !

By Maurice Mac-Nab

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Vraiment de donner des fêtes

Nous somm’ dégoûtés.

Qu’est-c’qui s’est payé nos têtes ?

C’est nos invités !

Ils ont trouvé Joffrin bête

Et Chabert pas beau.

Ils ont blagué not’ binette.

Coquin d’populo !

D’abord, j’aperçois Lisbonne

Rev’nu d’l’île des Pins,

Qui r’connaissait plus personne

Parmi ses copains.

Il avait un’ queu’ d’morue

Comme un aristo,

On l’acclamait dans la rue…

Coquin d’populo !

Ensuite, à la ritournelle

D’la premier’ polka,

On voit arriver Poubelle :

Qu’est-c’ qu’il vient faire là ?

Au lieu d’le mettre à la porte

Comm’ c’était son lot,

V’là la foule qui l’escorte…

Coquin d’populo !

Pendant un’ valse charmante

Faisant un p’tit r’pos,

À ma danseus’ je présente

L’assiette aux gâteaux.

« Merci, j’ador’ la brioche

Mais j’en ai bien d’trop,

J’vas mett’ tout ça dans ma poche !

Coquin d’populo !

Moi qui ne r’çois, je l’confesse,

Que du mond’ très bien,

J’m’étonn’ de voir un’ jeunesse

Coiffée à la chien…

La voilà qui lèv’ sa quille

De plus en plus haut…

Y avait là tout’ sa famille :

Coquin d’populo !

Les enfants d’la République

À qui l’on apprend

Qu’la plus belle vertu civique,

C’est d’êt’ tempérant,

Ils ont râflé nos sandwiches

Et bu tout l’sirop,

En disant qu’ c’était pas riche…

Coquin d’populo !

Ils sont partis, la bouche pleine,

En cassant nos fleurs,

Et sur not’ beau parquet d’chêne

Laissant des horreurs.

Enfin, pir’ qu’un lundi d’paye !

C’est pas rigolo

D’fair’ danser un’cliq’ pareille :

Coquin d’populo !