Couchant
Written 1901-01-01 - 1901-01-01
Des taches de couchant tombent à travers bois
Comme des larmes d'or sur les troncs ; et les voix
D'eau claire des oiseaux se taisent goutte à goutte,
Cependant qu'un entend s'éloigner sur la route
Un dernier pas humain, un dernier bruit d'essieux
Et que, traînant encor des cloches dans les cieux
Comme des oraisons lointaines et des plaintes,
L'existence s'endort au fond des demi-teintes…
O ! la dévotion profonde, la grandeur
Du rêve qui nous monte alors du fond du cœur,
Comme si notre soif allait boire le monde,
Ou comme si, perdant pendant une seconde
Conscience du temps, de l'espace, du lieu,
Notre raison humaine allait comprendre Dieu !