Crane

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1932-01-01 - 1932-01-01

La mort m'arrachera les yeux

Comme à ce crâne sec et creux,

De mes deux narines avides

Ne laissera que ces trous vides.

Ma peau qui sent si finement

Ne sera que cet ossement.

Sans langue, n'ayant plus d'oreilles,

Seules mes dents seront pareilles.

Des cinq sens qui forment mon bien,

Il ne me restera plus rien.

Néant, néant, je te contemple :

Qui donc a prié dans le temple ?

Voilà ce que laissent les vers

De ce qui fut tout l'univers.