Crépon

By Pierre Quillard

Written 1897-01-01 - 1897-01-01

Des oiseaux merveilleux onglés de griffes d'or

Tracent dans le ciel calme un candide sillage

Et la migration d'un éternel voyage

Tend vers des pics lointains leur immuable essor.

Le caprice du peintre ouvrant les ailes vaines

Fige ironiquement loin des vierges sommets

Leur vol : blancs exilés, vous n'atteindrez jamais

Les cimes que le soir vêt de pâles verveines.

Mais le rêve des monts vous donne leur fierté,

L'eau des lacs inconnus frémit dans vos prunelles

Et l'héroïque amour des neiges fraternelles

Illumine vos yeux de gloire et de clarté :

Telle malgré l'horreur des ténèbres accrues

Mon âme vole vers la pourpre des printemps

Et loin des monts neigeux et des lacs où je tends

Rêve au parfum royal des roses disparues.