Crépusculaire

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1908-01-01 - 1908-01-01

Le jour s’en va. Monte ta bête !

Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé…

Dans l’obscurcissement de la nuit qui s’apprête

Les lacs lointains sont des coupes de lait.

Est-ce le feu dans la forêt ?

Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé…

Monte ! Tu pâliras en détournant la tête,

Devant le déploiement du couchant biaisé.

Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ?

De ton silence ou de ton chant

Seras-tu triomphale ou sombre ?

Vas-tu t’attarder debout sur ton ombre ?

Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ?

Ah ! dis ! que tes talons éventrent ta monture,

Et puisses-tu, saignant, écumant, trébuchant.

Bondir des quatre pieds au travers du couchant