Cyclistes

By Albert Mérat

Written 1900-01-01 - 1900-01-01

On s'y fait, pourtant ce n'est pas

Trouvaille heureuse de toilette ;

Je le dis tout haut, non tout bas.

On s'y fait, pourtant ce n'est pas

Le costume, au temps des lilas,

Pour s'en aller au bois seulette.

On s'y fait, pourtant ce n'est pas

Trouvaille heureuse de toilette.

Que vient faire cet ornement,

Cette culotte de zouave

Sur un mollet plein d'agrément ?

Que vient faire cet ornement ?

Chez la coquette heureusement

La jupe tient bon et la brave.

Que vient faire cet ornement,

Cette culotte de zouave ?

O les lunes comme le soir,

O les pauvres petits derrières !

Juste à peine de quoi s'asseoir.

O les lunes comme le soir !

Qu'on porte ainsi qu'un ostensoir

Ou comme des fleurs printanières.

O les lunes comme le soir,

O les pauvres petits derrières !

Les vastes à décourager

Les préférences de Silvestre,

Auxquels on n'ose pas songer.

Les vastes à décourager !

Fruits terrifiants d'un verger

Bien loin du Paradis terrestre !

Les vastes à décourager

Les préférences de Silvestre.

Car c'est ce qu'on voit tout d'abord

Avant les autres friandises

Chez ces victimes du record,

Car c'est ce qu'on voit tout d'abord.

Tels arrimés par-dessus bord

De lourds ballots de marchandises,

Car c'est ce qu'on voit tout d'abord

Avant les autres friandises.

Les grosses mères pour maigrir

Pédalent, dalent, dalent, dalent.

O mes regards, sachez souffrir !

Les grosses mères pour maigrir,

Mal faites pour bien atterrir,

Brimballent, s'emballent, s'étalent.

Les grosses mères sans maigrir

Pédalent, dalent, dalent, dalent.

Les maigres, c'est bien plus gentil,

Sans être encor ma coqueluche,

Ni valoir des chansons d'avril.

Les maigres, c'est bien plus gentil :

Des mauviettes sur le gril,

Des petits singes en peluche.

Les maigres c'est bien plus gentil,

Sans être encor ma coqueluche.

Puis les fillettes, c'est charmant :

Les cheveux d'or fin sur la joue

Et dans leurs yeux de firmament ;

Puis les fillettes, c'est charmant.

C'est comme un clair rayonnement

Qui s'amuse, rit et qui joue.

Puis les fillettes, c'est charmant,

Les cheveux d'or fin sur la joue.

Donc, puisqu'il le faut, pédalons,

Pédalons, si c'est votre envie,

Qu'on pédale sur vos talons,

Donc, puisqu'il le faut, pédalons.

Pédalons pour faire moins longs

Les kilomètres de la vie.

Donc, puisqu'il le faut, pédalons,

Pédalons, si c'est votre envie.