D'abord

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1918-01-01 - 1918-01-01

Puisque voici les ors de l'arrière-saison,

Que les fenêtres soient ouvertes, et les portes,

Afin qu'avec le vent les chères feuilles mortes

Puissent entrer dans la maison

Laissez venir à moi l'automne bienvenue.

Elle est douce à mon front pensivement penché.

Les feuilles tourneront sans bruit sur le plancher

Comme elles font dans l'avenue.

Je songe. Je me dis : « A cette heure où mon nom

Est, plus que je ne veux, prononcé sur la terre,

S'ils savaient à quel point mon âme est solitaire,

Ceux qui me portent haine ou non !

« S'ils savaient quel silence au fond de ce tapage,

Combien mon rêve est loin de tout ce bruit qui ment,

Et combien, seul avec l'automne, je suis sage

Et souris ironiquement… »