Dédicaces, autographes,
Written 1881-01-01 - 1898-01-01
Aux encans où l'or aime braire,
Le prodigue Darzens a beau
S'exténuer comme un libraire
Je lui signe, moi, ce Corbeau.
Mes vers joyeux dans tout ceci
De briller par l'or de ta rente,
O Rodolphe Darzens merci,
Te proclament un des Quarante.
Paon, je n'aurais pas osé croire
Que cet été-ci m'octroyât
O délice mieux que la gloire
De porter ce livre à Royat.
Paon, du souci qui m'éloignait
Je suis quitte aujourd'hui Dimanche,
Et je vous baise le poignet
Si vous écartez votre manche.
Muse, qui le distinguas,
Si tu savais calmer l'ire
De mon confrère Degas,
Tends-lui ce discours à lire.
Louÿs ces vers recopiés
O svelte enchantement, la Stance
Fleurit et rit mieux de ses pieds
Que dans une autre circonstance.
Louÿs, ta main frappe au
Sépulcre d'Edgar Poe.
Sois, Louÿs, l'aile qui propages
A quelque altitude ces Pages.
Attendu qu'elle y met du sien
Vous feuillets de papier frigide
Exaltez moi musicien
Pour l'âme attentive de Gide.
O Muse pas plus au jardin
Natal tu n'es ensevelie
Que chez le très cher Frantz Jourdain
Il lit les vers et les relie.
Vous me prêtâtes une ouïe
Fameuse et le temple ; si du
Soir la pompe est évanouie
En voici l'humble résidu.
Livre, fusses-tu somnifère
Ne change en Belle au bois dormant
Celle qui ne saura mieux faire
Que rester Madame Normant.
Exultez le temps mes vers
Que vous accorde une œillade
Bénigne et pas de travers
Le princier Laurent Tailhade.
Mars vient ou tantôt pleut et neige
La lune au carreau minaudait
J'écris avec le privilège
De Madame Alphonse Daudet.
Gracieuseté touchante
Que soit gardé comme sien
Ce livre qui tout bas chante
Par Fabre, musicien.
Offre à sa vision amie un promenoir
Mainte Page du livre illustré par Renoir
Livre tu t'en vas parmi
Les nymphes chez Franc Lamy.
Amusez-vous du Conte Arabe
Moi, me voici devenu crabe.
O fin de siècle, Hiver ! qui truques
Tout, excepté le sentiment,
J'aime quand tu mets gentiment
Aux camélias des perruques.
Scribe élégant mais trahi, j'en
Ressens du noir et le triture,
Et montre pour vous ici, Jean
Ajalbert, ma vraie écriture.
Fortune, entre les houris
Pour le seul rimeur salaude
Bientôt si tu me souris
J'irai voir Monsieur Grosclaude
Si l'on baille ainsi souvent
De matines jusqu'à laudes
C'est que dans notre couvent
Se trouvent peu de Grosclaudes.
Golconde illumina toute l'Inde, mais l'Aude
A Carcassonne ; ici je rencontre Grosclaude.
Lettre, il faut que tu t'antidates
Pour ne trop tard conter qu'on n'est
Avec ou sans caisse de dattes
Pas plus charmant que Baronet
J'ai mis
ma chatte ronronnait
Ce mot pour le cher Baronet.
J'ai mis.
que n'est-ce dans l'airain
Ce mot au cher chanoine Rain.
J'ai mis
Aquilon sois clément
Ce mot-ci pour Pierre Normant.
Je dis
comme gentleman
Speaker
A Monsieur Metman.
Le pleur qui chante au langage
Du poète, Reynaldo
Hahn tendrement le dégage
Comme en l'allée un jet d'eau.
Il obtient ce Charles Morice
Par les appartements divers
Qu'un plafond seul n'endolorisse
L'aile qui lui dicte ses vers.
Nom comme pour étinceler
Aux immortels dos de basane
Tard avec mon laisser aller
Je vous salue, Octave Uzanne.
Un rêve m étreint sous sa griffe
Et j'ai, toujours sans dormir beau
Cajoler ce vain hippogriffe
Il m'éloigne des chers Mirbeau.
Quelque an vierge se fait attendre
Décembre seul cesse
voici
Que j'embrasse comme pain tendre
Les deux bonnes gens de Poissy.
Le doigt levant une tenture
De soie heureuse ou de damas
J'écoute la bonne aventure
Que vous chuchote ce Christmas.
J'atteste ici pour votre œil enchanté
Que James est en parfaite santé.
Avant que six heures ne sonne
A la gaîne du corridor
J'apparaîtrai chez la personne
Qui porte une coiffure d'or
Feuilletez, et l'un comme l'une
Avouez que je m'y connais,
Moi, personne peu clair de lune
En très-vieux albums japonais.
Vous n'avez pas su nos
Exclamations : Qu'est-ce ?
Avant tant de pruneaux
Savourés dans leur caisse.
N'allez pas, je le dis en vers,
Éva, rose qu'on ne cueille
Regarder la vie à travers
La fumée acre du Bird'seye.
Tout en les éternisant
Bracquemond ici fait vivre
Les traits d'Alidor Delzant
A nous ouvert comme un livre
J'ai comme on se livre à des vins
Puissants, négligé maint vieux tome
Avec les roses de Provins
Que me donne Louis Antheaume.
Contre de l'huile de marsouin
Ou même un peu de goudron, vais-je
Exporter par un touchant soin
Mes deux fillettes en Norvège ?
Aujourd'hui ce militaire
Prodigue les noms de noms
Verbalise et réitère
Qu'à dîner nous vous tenons.
Pleureur moins que chantant victoire
Ce toast venu d'un du old staff
Exprime que j'aimerais boire
Avec tous et même être paf.
Ma sagesse vis-à-vis
De vous les deux se condense
Toute en ce nouvel avis
Riez et même qu'on danse.
Montargis, séjour, au buffet
De qui le ciel à flots s'épanche
Je mets comme le chien eût fait
Mon museau sur votre main blanche
Au solennel champ de blé
Quand la brise se déroule
Sourit l'espoir assemblé
De pain pour toute la foule
Notre ami Monsieur de Jouy
Sur qui les ans ne peuvent mordre,
O mes chers hôtes ! qu'ai-je ouï,
Est nommé Conseiller de l'Ordre
Tant que tarde la saison
De juger ce qu'on fait rance,
Je voudrais à sa maison
Rendre cette conférence.
Orateur, comme à mes débuts
Vous tendîtes un charmant piège !
Je rêvai, je parlai, je bus
Avant que d'endoctriner Liège.
Amandine envers vous ou Jeanne
Comme je me sens endetté
Que nul de mes vers n'enrubanne
L'Ouvreuse du Cirque d'Été.
Ceci, Seigneur, est mon livre de messe
Où je vous nomme et vous prie en latin
Afin qu'au ciel, dont je fus la promesse
Triomphe tard mon regard enfantin.
Pieux livre qui ne sermonne
Mais il dit : Priez et joignez
Vos mains de petite Simone
Vers les cieux jamais éloignés.
Ployé devant la Vierge élue
Un ange autrefois la pria
Avec ces mots je vous salue
Marie, en latin Maria.
Mon regard songeur au-dessus
Du saint texte qu'il abandonne
Pour séduire l'enfant Jésus
Je lève un profil de madone.
C'était un très bon petit chat
Joueur à la prunelle bleue
Il n'en voulait pas, qu'on marchât
Un peu brusquement sur sa queue.
L'une au bois accompagnant l'autre
Princess, je crois que vous menez
En l'absence exquise du vôtre
Madame Laurent par le nez.
Le. petit Saladin
Devient un citadin
Toi qui soulages ta tripe
Tu peux dans cet acte obscur
Chanter ou fumer la pipe
Sans mettre tes doigts au mur
Polichinelle danse avec deux bosses, mais
L'une touche le sol et l'autre l'Empyrée :
Par ce double désir âme juste inspirée,
Vois-le qui toujours tombe et surgit à jamais.
… Ainsi qu'une fontaine à la fois gaie et noire
Étincelle de feux, se cache sous le pin
Coule et veut être celle où la brise ira boire,
Un sanglot noté par Chopin.
Ici le feu pour renaître
Tantôt durable ou charmant
Comme l'amitié du maître
Mêle le chêne au sarment.
Ci-gît le noble vol humain
Cendre ployée avec ces livres
Pour que toute tu la délivres
Il faut en prendre un dans ta main.
Musique dedans endormie
Il suffit pour te rendre aux cieux
Que la lèvre de cette amie
Ouvre son baiser gracieux
Quand au dining car dîne Alice
Qu'elle penche son front têtu
Sur ce petit livre vêtu
Tout de rouge cardinalice
Nous tous, la rue avec les numéros —
Et d'autres noms que ta pudeur recule
Willy Ponsot, tendre et discret héros
A marquer mieux que parla majuscule
Cousin Victor Margueritte
Songe à moi dans ta guérite
O Victor, nous extravaguons
Que tu sois parmi les dragons
Un appétit d'alligator
Une force de jeune butor
Un chapeau en poils de castor
Avec une voix de stentor
C'est tout craché Monsieur Victor
Ayez l'authenticité d'un chèque
Tous mes chers souhaits de Tan pour Becque
Mademoiselle Moreno
Venez ici même en traîneau
Que ce cher Monsieur Marcel Schwob
Éperonne vers nous son cob
Ma sympathie anticipa
Sur notre rencontre Cipa
Je crois bien que dans ce temps-ci
Il n'est de bonté qu'à Nancy
Alice Lavigne, ô grappe folle ! est la vigne
Qui nous fait oublier Casimir Delavigne
Les demoiselles Cazalis
L'autre une rose et l'une un lys.
Mignonne, sachez que même pour plaire
En tant que la Lune, il faut rester Claire.
Je vous rends, Claire de Paris
Le filet, mais j'y reste pris.
Je souhaite que ce buvard
Sous tes doigts devienne bavard
Avant l'aube si tu m'en
Crois, écris à ta maman.
J'ajoute mon souhait, voilà
Lequel : Écris peu, mais sois là
Il ne faut pas serrer les nœuds de ton hymen
Avant d'avoir passé le sinistre examen.
Tends-nous aujourd'hui comme joue
Cette rose où l'aube se joue.
Je n'ai de rêve que selon
Les images de Madelon
Ce que votre sourire avec grâce rêva
Vous l'avez dans Willie ainsi que dans Éva.
A la propension bachique
Chez Willy, succède la chique.
Monsieur Kinon je suis trop homme
De goût pour dédaigner la pomme.
Reçois à ciel ouvert, foin du qu'en dira-t-on !
Les vives amitiés de Monsieur Miraton.
Belle, ne laissez jamais choir
De larmes sur ce fin mouchoir.
Son doux œil est agrandi
Après le cherry-brandy.
A tant manger, je serais
Non Diane, mais Cérès.
J'ai cueilli, pour que tu me crusses
Galant, ces violettes russes.
J'ai mal à la dent
D'être décadent !
Elle a ce mignon travers
De comprendre un peu mes vers.
Voici pour que vous chantiez
Ces vers de petit rentier.
Votre voix unira nos
Songes et les pianos.
Ce point, Dujardin, on le met
Afin d'imiter un plumet.
Salut ô passant qui te fiches
De lire en été les affiches !
Quand je passe qui rit à
Mes caresses, toi, Rita
L'oncle de Vèvette et Titi
Leur semble un très-vieux ouistiti.
Je garde pieux sur ma trogne
Ce baiser qui vient de Pologne.
Je ferais même à quatre pattes
Le voyage des monts Carpathes.
Pas au hasard, en s'informant
Voyage Madame Normant.
La lune argenté sur le môle
Julie et Jeannie avec Paule.
Chaque autre fleur ne saurait méconnaître
Que Missia fit gentiment de naître.
Que de bonté dans son calice abrite
Notre lointaine et tendre Marguerite.