Dernier espoir

By Paul Verlaine

Written 1894-01-01 - 1894-01-01

Il est un arbre au cimetière

poussant en pleine liberté,

Non planté par un deuil dicté, –

Qui flotte au long d'une humble pierre.

Sur cet arbre, été comme hiver,

Un oiseau vient qui chante clair

Sa chanson tristement fidèle.

Cet arbre et cet oiseau c'est nous :

Toi le souvenir, moi l'absence

Que le temps – qui passe – recense…

Ah, vivre encore à tes genoux !

Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle,

Le néant est mon froid vainqueur…

Du moins, dis, je vis dans ton cœur ?