Dernier sonnet

By Pierre Louÿs

Written 1888-01-01 - 1920-01-01

L’ogive d’ambre et d’or s’ouvre aux lueurs éteintes

Qui s’élèvent du chœur avec l’air et l’encens,

À travers le vitrail des contours pubescents

Où les plis enroulés courbent leurs formes teintes.

La voussure est ouvrée en galbes délicats,

Chevelus comme un front d’enfant parmi les boucles ;

Les rubis douloureux sur des lits d’escarboucles

Alternent jusqu’au cœur leurs jais et leurs micas.

Et j’adore le sexe ogival et mystique,

Le symbole chrétien de la pudeur antique :

La Vulve, — ô le plus merveilleux des mots humains !

Mais je veux enchaîner mes lèvres et mes mains

Pour vaincre le désir exultant qui regimbe…

Et je ceindrai la Chair d’un horizontal nimbe.