Donna m’apparve

By Renée Vivien

Written 1904-01-01 - 1904-01-01

Lève nonchalamment tes paupières d’onyx,

Verte apparition qui fus ma Béatrix.

Vois les pontificats étendre, sur l’opprobre

Des noces, leur chasuble aux violets d’octobre.

Les cieux clament les De Profundis irrités

Et les Dies iræ sur les Nativités.

Les seins qu’ont ravages les maternités lourdes

Ont la difformité des outres et des gourdes.

Voici, parmi l’effroi des clameurs d’olifants,

Des faces et des yeux simiesques d’enfants,

Et le repas du soir sous l’ombre des charmilles

Réunit le troupeau stupide des familles.

Une rébellion d’archanges triompha

Pourtant, lorsque frémit le paktis de Psappha.

Vois ! l’ambiguïté des ténèbres évoque

Le sourire pervers d’un Saint-Jean équivoque.