Encore Lui !!!
Written 1867-01-01 - 1885-01-01
Au lieu de garder le silence,
De s'humilier sous l'affront,
Il ose encor lever le front ?
Ah ! c'est vraiment trop d'impudence !
C'est monstrueux et c'est bouffon !
Aussi faisons-nous bien d'en rire.
Je parle de ce triste sire,
Qui s'appelle Napoléon.
Il veut, — sa lettre est explicite, —
Dans la pourpre encore s'asseoir,
Il veut ressaisir le Pouvoir ;
Il en-appelle au Plébiscite !
Voyons, à quoi donc songes-tu ?
Que prétends-tu ? qu'entends-tu faire ?
N'as-tu pas reçu ton salaire ;
Le profond mépris qui t'est dû ?
Alors, viens et réglons tes comptes.
Je mets des gants, comme tu vois,
Pour ne pas me salir les doigts,
En additionnant tes hontes !…
Mais, non ! homme sombre, fatal,
Elles formeraient une liste
Trop longue, trop sale, trop triste,
Et nous connaissons le total !
Pour nous, tu n'étais plus qu'un songe.
Nous te croyions enseveli
Dans ta pourpre, dont chaque pli
Cachait la fraude et le mensonge !
Nous t'avions oublié, vraiment,
Et nous avions dit, magnanimes :
— « Que le souvenir de ses crimes,
Soit son unique châtiment !
« Bah ! qu'il végète ou qu'il pourrisse,
Que nous importe ? il n'est plus là.
A quoi bon remuer cela ?
Le mépris en a fait justice ! »
Et toi que ce mépris frappait,
Tu viens réclamer pour ta race ?
Franchement, c'est par trop d'audace…
Gavroche dirait du toupet !
De Sedan la sombre journée,
Tibère, a tué ton parti,
Demande-le donc à Conti.
A la fureur de l'Assemblée,
Eh ! quoi ? tu ne doutes de rien ?
Tu gardes encor l'espérance,
De retourner régner en France ?
Ah ! çà, mais tu nous hais donc bien ?
Allons, assez ! rentre dans l'ombre,
Heureux qu'on t'y laisse, crois-moi,
Tout est fini, fini pour toi,
L'homme risible, l'homme sombre !