Épigraphes

By Théophile Gautier

Written 1872-01-01 - 1872-01-01

Quel saint transport m'agite, et quel est mon délire !

Un souffle a fait vibrer les cordes de ma lyre ;

O Muses, chastes sœurs, et toi, grand Apollon,

Daignez guider mes pas dans le sacré vallon !

Soutenez mon essor, faites couler ma veine,

Je veux boire à longs traits les eaux de l'Hyppocrène,

Et, couché sur leurs bords, au pied des myrtes verts,

Occuper les échos à redire mes vers.

Par l'enfer ! je me sens un immense désir

De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir,

Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte,

Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.