Épitaphe

By André Chénier

Written 1790-01-01 - 1790-01-01

Mes Mânes à Clytie : « Adieu, Clytie, adieu.

Est-ce toi dont les pas ont visité ce lieu

Parle. Est-ce toi, Clytie, ou dois-je attendre encore ?

Ah ! si tu ne viens pas seule ici, chaque aurore,

Rêver au peu de jours où je vivais pour toi,

Voir cette ombre qui t'aime et parler avec moi,

D'Élysée à mon cœur la paix devient amère,

Et la terre à mes os ne sera plus légère.

Chaque fois qu'en ces lieux un air frais au matin

Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein,

Pleure, pleure, c'est moi ; pleure, fille adorée ;

C'est mon âme qui fuit sa demeure sacrée,

Et sur ta bouche encore aime à se reposer.

Pleure, ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. »