Épître liii

By François-Marie Arouet

Written 1706-01-01 - 1778-01-01

Quoi ! Celle qui n'a dû connaître

Que les grâces, ses tendres sœurs,

De qui les mains cueillent des fleurs,

Et de qui les pas les font naître,

En philosophe ose paraître

Dans les profondeurs des détours

Où l'on voit les épines croître ;

Et la maîtresse des amours

A choisi Newton pour son maître !

Je vois cette jeune beauté,

Du palais de la volupté,

Se promener d'un pas agile

Au temple de la vérité.

La route en était difficile ;

Mais elle est avec Cideville,

Dans ces deux temples si fêté.

Jusqu'où n'a-t-elle point été

Avec ce conducteur habile ?

Je vois que la nature a fait,

Parmi ses œuvres infinies,

Deux fois un ouvrage parfait :

Elle a formé deux émilies.