Épître lxxxii

By François-Marie Arouet

Written 1706-01-01 - 1778-01-01

Dans ce jour du saint vendredi,

Jour où l'on veut nous faire accroire

Qu'un dieu pour le monde a pâti,

J'ose adresser ma voix à mon vrai roi de gloire.

De mon salut vrai créateur,

De D'argens et de moi l'unique rédempteur,

Du salut éternel je ne suis pas en peine ;

Mais de ce vrai salut qu'on nomme la santé,

Mon esprit est inquiété.

Pardonnez, cher sauveur, à mon audace vaine.

Ô vous qui faites des heureux,

L'êtes-vous ? Souffrez-vous ? êtes-vous à la gêne ?

Et les points de côté, la colique inhumaine,

Troubleraient-ils encor des jours si précieux ?

Ô philosophe roi, grand homme, heureux génie

Vous dont le charmant entretien,

L'indulgente raison, l'aimable poésie,

Étonnent mon âme ravie,

Puissiez-vous goûter tout le bien

Que vous versez sur notre vie !