Épître xliv

By François-Marie Arouet

Written 1706-01-01 - 1778-01-01

Hélas ! Que je me sens confondre

Par tes vers et par tes talents !

Pourrais-je encore à quarante ans

Les mériter, et leur répondre ?

Le temps, la triste adversité

Détend les cordes de ma lyre.

Les jeux, les amours, m'ont quitté ;

C'est à toi qu'ils viennent sourire,

C'est toi qu'ils veulent inspirer,

Toi qui sais, dans ta double ivresse,

Chanter, adorer ta maîtresse,

En jouir, et la célébrer.

Adieu ; quand mon bonheur s'envole,

Quand je n'ai plus que des désirs,

Ta félicité me console

De la perte de mes plaisirs.