Épître xxxix

By François-Marie Arouet

Written 1706-01-01 - 1778-01-01

Ainsi donc cent beautés nouvelles

Vont fixer vos bouillants esprits ;

Vous renoncez aux étincelles,

Aux feux follets de mes écrits,

Pour des lumières immortelles ;

Et le sublime Maupertuis

Vient éclipser mes bagatelles.

Je n'en suis fâché, ni surpris ;

Un esprit vrai doit être épris

Pour des vérités éternelles.

Mais ces vérités, que sont-elles ?

Quel est leur usage et leur prix ?

Du vrai savant que je chéris

La raison ferme et lumineuse

Vous montrera les cieux décrits,

Et d'une main audacieuse

Vous dévoilera les replis

De la nature ténébreuse :

Mais, sans le secret d'être heureuse,

Que vous aura-t-il donc appris ?