Été

By Paul Verlaine

Written 1889-01-01 - 1889-01-01

ET l’enfant répondit, pâmée

Sous la fourmillante caresse

De sa pantelante maîtresse :

Je me meurs, ô ma bien-aimée !

« Je me meurs : ta gorge enflammée

Et lourde me soûle, m’oppresse ;

Ta forte chair d’où sort l’ivresse

Est étrangement parfumée :

« Elle a, ta chair, le charme sombre

Des maturités estivales, –

Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre ;

« Ta voix tonne dans les rafales,

Et ta chevelure sanglante

Fuit brusquement dans la nuit lente. »