F° 188

By Victor Hugo

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

Ce vieux chêne, est si grandCe vieux chêne, est si grand

Qu'à l'horizon nocturne il semble un monticule.

Souvent je suis venu le voir au crépuscule

Quand Vénus à travers ses branchages brillait.

La verdure profonde et large de juillet

Pend à cet arbre immense en haillons magnifiques.

Autour de lui, forêts, vallons, champs pacifiques,

Palpitent ; on entend des murmures confus,

Et des fourmillements de feuillages touffus ;

On croit tout bas dans l'ombre ouïr souffler des lèvres.

Il n'est point de berger, poussant moutons ou chèvres,

Qui ne presse le pas en passant là les soirs ;

Car un esprit caché vit dans les rameaux noirs,

Dans la -mousse et le jonc, dans l'herbe et la broussaille,

Et la sombre nature au fond des bois tressaille.