Fatalité

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1932-01-01 - 1932-01-01

Je ne pleurerai plus ma peine

Car nul ne peut la consoler.

Elle est mystérieuse et vaine,

Et personne n'en a la clé.

C'est cette peine des poètes

Que connaissent certains d'entre eux,

Pour laquelle on n'est jamais deux,

Et qu'on aime comme des fêtes.

Je la garderai dans mon cœur

Avec ses encombrantes ailes

Comme, fatale, la couleur

Inchangeable de mes prunelles.