Fernand l’anglois

By Paul Verlaine

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

Haut comme le soleil, pâle comme la lune,

Comme dit vaguement le proverbe espagnol,

Il a presque la voix tendre du rossignol,

Tant son cœur fut clément à ma triste fortune

Je l’écoute toujours, cette voix opportune

Qui me parlait naguère, est-ce en ut, est-ce en sol ?

Et qui sut relever, furieux sur le sol,

Mon cœur, ce cœur sauvage et fou de roi de Thune !

Mais rions ! car mon livre est un livre amusant,

Et dès lors que ce souvenir doux et cuisant

D’un suicide prévenu de mains pieuses

Me remonte ce soir, peut-être pire encor

Dans un absurde et vraiment sinistre décor,

Paix-là, pour ces mains-là, mes mains calamiteuses !