Féroce

By Paul Verlaine

Written 1895-01-01 - 1895-01-01

Tu m'as vu mourant presque,

Ou plutôt presque mort,

Formant une arabesque

De mon bras qui se tord,

Écarquillant des yeux

De folie et de rêve,

À soi-même odieux,

Attendant qu'on les crève,

Balbutiant des sons

Sans pouvoir les produire,

Moi, chanteur de chansons,

Sans pouvoir te les dire.

Je crois, on me l'assure,

Que, douce, une pitié

Te prit, non sans mesure,

Puis, désapitoyé,

Ton cœur cria : C'est bien lui qu'il faut qu'on torture !