Fiat volontas tua

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Le pain qu'on n'ose mendier,

Seigneur, vous me l'avez offert,

et j'implorai votre pitié,

tant à ma bouche il est amer !

Vous restâtes sourd, je compris

que vous m'aimiez mieux que moi-même.

A mon sommeil vous m'avez pris

et l'aube sur les murs est blême,

le froid me mord, combien de bruits

autour de moi parlent de mort !

Ne saurai-je bientôt quels fruits

ma paume peut cueillir encore ?

Ou si de funèbres oiseaux

emporteront dans l'éternel

oubli, quelque matin, mes os

et ce cœur éclaté du gel ?

Ma vie, Seigneur, est en vos mains

qui furent trouées sur la croix :

je suivrai le rude chemin

s'il est celui de votre choix.