Foins

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1910-01-01 - 1910-01-01

Le faucheur de juillet à la face absorbée

Penche un front en sueur et qui ne pense à rien,

Ses bras laborieux au fatal va-et-vient,

Portent, comme la mort, une faux recourbée.

Autour de lui, bourdons, guêpes et papillons

S'envolent, effrayés, des profondeurs de l'herbe ;

Et le pré peu à peu tombe, gerbe sur gerbe,

Comme la terre en motte allongée aux sillons.

Un petit frisson court sur chaque graminée ;

Le soleil chauffe l'homme et le pré bourdonnant ;

Et, semblable au destin, le placide manant

Fauche, sans rien savoir, la gloire de l'année.