Funérailles

By Pierre Louÿs

Written 1888-01-01 - 1920-01-01

Plus pur que l’air nocturne où l’or bleu s’éblouit

Plus pur que le désir suscité par les astres

Un cœur de marbre qu’un lent souffle épanouit

Fleur ! ô les cœurs d’acanthe aux cous blancs des pilastres !

Éclôt d’une colonne où l’or des astres luit.

Les souvenirs de l’être et du jour et du bruit

Se perdent, vieux voiles oubliés par leur âme.

Le cœur, rose de glace aux doigts d’Elle, réclame

Le crêpe en lourds flots noirs des longs deuils de la nuit.

Il se meurt d’une envie éternelle et tranquille.

Sa vision descend dans l’hiver immobile,

Descend, neige et l’ensevelit de lins ailés,

Extase qui revient des étoiles heureuses

Suivre dans les déserts vers les lieux révélés

Le silence mortel mené par les pleureuses.