Gamineries

By Paul Verlaine

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

Depuis que ce m'est plus commode

De baiser en gamin, j'adore

Cette manière et l'aime encore

Plus quand j'applique la méthode

Qui consiste à mettre mes mains

Bien fort sur ton bon gros cul frais,

Chatouille un peu conçue exprès,

Pour mieux entrer dans tes chemins.

Alors ma queue est en ribote

De ce con, qui, de fait, la baise,

Et de ce ventre qui lui pèse

D'un poids salop — et ça clapote,

Et les tétons de déborder

De la chemise lentement

Et de danser indolemment,

Et de mes yeux comme bander,

Tandis que les tiens, d'une vache,

Tels ceux-là des Junons antiques.

Leur fichent des regards obliques,

Profonds comme des coups de hache,

Si que je suis magnétisé

Et que mon cabochon d'en bas,

Non toutefois sans quels combats ?

Se rend tout à fait médusé.

Et je jouis et je décharge

Dans ce vrai cauchemar de viande

À la fois friande et gourmande

Et tour à tour étroite et large,

Et qui remonte et redescend

Et rebondit sur mes roustons

En sauts où mon vit à tâtons

Pris d'un vertige incandescent

Parmi des foutres et des mouilles

Meurt, puis revit, puis meurt encore,

Revit, remeurt, revit encore

Par tout ce foutre et que de mouilles !

Cependant que mes doigts, non sans

Te faire un tas de postillons,

Légers comme des papillons

Mais profondément caressants

Et que mes paumes de tes fesses

Froides modérément tout juste

Remontent lento vers le buste

Tiède sous leurs chaudes caresses.