Harsoir, que je songeois

By Fernand Fleuret

Written 1907-01-01 - 1907-01-01

Harsoir, que je songeois près ma vitre nocturne,

Je vy, sans vertugade et sans n'en dessus soy,

Une vierge chenue, et que nul n'embrassoit.

Pleurer en son miroër son tétin taciturne.

— Las ! (fy-je) au plus gaillard on descouvre un Minturne

Ou, dans les froids roseaux, il s'éplore à requoy ;

Las ! (fy-je) tout chaqu'un est puceau d'un endroit ;

Marche encor' le pié nud, qui resvoit le cothurne.

La Vie nous fiance à nostre mauvais gré ;

La moitié est désir, l'autre moitié regret.

Du temps qu'ont à blanchir le chef et la moustache ;

Tel qui naist buscheron grandit loin de l'essart ;

Tel qui n'est point Hector mignotte une Andromache ;

Ceste eust valu Cassandre et manqua d'un Ronsard.