Heure automnale
Written 1901-01-01 - 1901-01-01
Je me suis accoudée à voir mourir l'automne
A mon petit mur bas, près du bruit monotone
De la source tombant dans le vert de l'étang,
Et d'où je vois les prés au bout desquels s'étend
La clarté de la mer entre les branches rousses.
Les oiseaux ont encor quelques notes très douces
Et remplissent tout seuls avec leur petit chant
La campagne où le jour traîne comme un couchant,
Tant y stagne d'ennui morne et de léthargie ;
Et, près de moi, l'été parti se réfugie
Tout entier dans le cœur d'une dernière fleur
Que pousse un dahlia simple, comme vainqueur
D'être, seule fraîcheur du dehors en désastre,
Plus rouge qu'une bouche, éclatant comme un astre.