Heures ternes

By Maurice Maeterlinck

Written 1889-01-01 - 1889-01-01

Voici d’anciens désirs qui passent,

Encor des songes de lassés,

Encor des rêves qui se lassent ;

Voilà les jours d’espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd’hui !

Il n’y a plus d’étoile aucune :

Mais de la glace sur l’ennui

Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège !

Voyez les malades sans feu,

Et les agneaux brouter la neige ;

Ayez pitié de tout, mon Dieu !

Moi, j’attends un peu de réveil,

Moi, j’attends que le sommeil passe,

Moi, j’attends un peu de soleil

Sur mes mains que la lune glace.