Hoc erat in votis…

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Du calme, de l'air pur, quelques fleurs et des livres,

une tendresse douce et discrète, qui veille,

ne m'accorderez-vous l'allégresse de vivre

et de goûter, Seigneur, à ces humbles merveilles ?

Ma vie fut un hochet aux doigts noueux des guerres

et je suis las d'errer d'alarmes en terreurs.

N'aurai-je de répit qu'au lit noir de la terre,

sans connaître jamais ton ombrage, bonheur ?

Une maison dans un jardin, quelques amis,

des fruits que l'on cueille soi-même, hors rosée,

le chat qui joue, une promenade parmi

les herbes, ou le rêve à travers la croisée,

serait-ce trop Vous demander ? Vous n'aviez pas

de pierre où reposer le front, mais Vous aimiez

Vous arrêter à Béthanie et, le soir, las,

causer avec Lazare et Marie à vos pieds…

Donnez-moi, — je vieillis —, un automne plus clair

que ne fut le printemps, et je vous offrirai

le raisin de ma treille et la noix dont le goût amer

s'adoucit, comme fit ce cœur immodéré.