Idylles

By Victor Hugo

Written 1853-01-01 - 1853-01-01

Vibrez, trombone et chanterelle !

Les oiseaux chantent dans les nids.

La joie est chose naturelle.

Que Magnan danse la trénis

Et Saint-Arnaud la pastourelle !

Miserere !

Miserere !

Des lampions dans les charmilles !

Des lampions dans les buissons !

Mêlez-vous, sabres et mantilles !

Chantez en chœur, les beaux garçons !

Dansez en rond, les belles filles !

Miserere !

Miserere !

Jouissons ; l'amour nous réclame.

Chacun, pour devenir meilleur,

Cueille son miel, nourrit son âme,

L'abeille aux lèvres de la fleur,

Le sage aux lèvres de la femme !

Miserere !

Miserere !

L'empire se met aux croisées :

Rions, jouons, soupons, dînons.

Des pétards aux Champs-Élysées !

À l'oncle il fallait des canons,

Il faut au neveu des fusées.

Miserere !

Miserere !

Pas de scrupules ! pas de morgue !

À genoux ! un bedeau paraît.

Le tambour obéit à l'orgue.

Notre ardeur sort du cabaret

Et notre gloire est à la morgue.

Miserere !

Miserere !

Mangeons, buvons, tout le conseille !

Heureux l'ami du raisin mûr,

Qui toujours, riant sous sa treille,

Trouve une grappe sur son mur

Et dans sa cave une bouteille !

Miserere !

Miserere !

Jupiter l'ordonne, on révère

Le succès, sur le trône assis.

Trinquons ! Le prêtre peu sévère

Vide son âme de soucis

Et de vin vieux emplit son verre !

Miserere !

Miserere !