Imité de catulle
Written 1869-01-01 - 1869-01-01
Quel délicieux repas
Tu feras
(Si les dieux te prêtent vie)
Chez moi, pourvu toutefois
Qu'avec toi
Tu portes, toute servie,
Une table, avec bons vins,
Mets divins,
Sainte couronne de roses,
Quel délicieux repas
Tu feras…
Moyennant toutes ces choses.
C'est, vois-tu, mon doux ami,
Qu'à demi
Ma bourse n'est ruinée
Et qu'au fond du sac de ton
Apollon
Fait sa toile l'araignée.
Moi, je dirai les atours
Des Amours
Et des Grâces sadinettes
Et ferai naître en ton cœur
Le bonheur
En te sonnant mes sornettes.
Dame, je n'ai point de nard
Mais mon art
À ta narine altérée,
Ami, fera monter un
Doux parfum
Que m'a donné Cythérée.
Ce festin sera, gourmand,
Si charmant
Et cette odeur si divine
Que, toute pudeur en bas,
Tu voudras
N'être plus qu'une narine.