Invitation

By Jules Barbier

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Monsieur mon cousin, je vous prie

Au bombardement de Paris.

Cette petite sauterie,

Comme spectacle, aura son prix.

Mes bombes ont fait parler d'elles ;

Mais, pour cette solennité,

Nous avons de nouveaux modèles,

Dont ce bon Fritz est enchanté.

Il n'est pas de feu d'artifice

Qui trace dans l'orbe des cieux,

Pour peu que le temps soit propice,

Des méandres plus gracieux.

Strasbourg a vu de belles flammes ;

Mais jamais on n'a vu, je croi,

Bombarder deux millions d'âmes :

Vous aurez ce plaisir de roi.

Bien qu'à mes vœux la France ingrat

N'ait pas voulu se conformer,

Par le pétrole et le picrate

J'espère encor me faire aimer.

Pour éclairer son ignorance

Et rasséréner ses esprits,

Je veux faire aux yeux de la France

Un vaste flambeau' de Paris.

L'uniforme sert de toilette ;

Le Dieu des combats y viendra ;

La fête ne sera complète

Qu'avec vous. — On fusillera.