J'aime songer…
Written 1902-01-01 - 1902-01-01
J'aime songer aux mains de mon âme, filant
A l'aveugle, en ces temps de mon passé, le lent
Ouvrage où s'accomplit la capture inouïe
De ton cœur, ‒ oiseau lourd de roue épanouie
Et que cent réseaux d'or retiennent à jamais, ‒
Quand ce que je pleurais et quand ce que j'aimais,
Le trouble, la beauté, le doute et ses batailles,
Toute l'inquiétude, ô minutes, ô mailles !
Dans l'enchevêtrement inexpliqué des jours
Ainsi parachevait, en ses tours et détours,
L'ample filet de charme et d'âpre sapience
Où se devait un soir prendre ta violence.