Je bois à la jeunesse

By François Coppée

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

Je suis un « pompier », soit, mais ne suis pas pompeux.

Chacun la sienne ! Il faut que je chante à la fête.

« Ce que je veux ! » claironne un coq à rouge crête ;

L’ancien coq enroué répond : « Ce que je peux ! »

Jeunes cadets, merci d’être bons pour un vieux !

Car c’est une heure triste, allez, où le poète,

A l’œuvre qu’il rêva comparant l’œuvre faite,

Se console en songeant qu’il a fait de son mieux.

Selon Ronsard, versons quelques fleurs dans nos verres.

Mêlons-y, mes amis, vos fraîches primevères

Et mes pâles soucis de l’arrière-saison.

Je n’ai pas trop vieilli, puisque j’admire encore

Les vers que le soleil des vingt ans fait éclore-

Je bois à la Jeunesse ; elle a toujours raison !