Jolies femmes

By Victor Hugo

Written 1881-01-01 - 1881-01-01

On leur fait des sonnets, passables quelquefois ;

On baise cette main qu’elles daignent vous tendre ;

On les suit à l’église, on les admire au bois ;

On redevient Damis, on redevient Clitandre ;

Le bal est leur triomphe, et l’on brigue leur choix ;

On danse, on rit, on cause, et vous pouvez entendre,

Tout en valsant, parmi les luths et les hautbois,

Ces belles gazouiller de leur voix la plus tendre :

— La force est tout ; la guerre est sainte ; l’échafaud

Est bon ; il ne faut pas trop de lumière ; il faut

Bâtir plus de prisons et bâtir moins d’écoles ;

Si Paris bouge, il faut des canons plein les forts. —

Et ces colombes-là vous disent des paroles

À faire remuer d’horreur les os des morts.