Jours chauds

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

Nous aimons que l'allée étroite offre à nos doigts

Les lierres vernissés et tendres de ce mois,

L'herbe innocente, les fragiles pâquerettes,

La ronce embarrassante aux mauvaises arêtes ;

Que l'ombre ample et palmée abatte sur le sol

Les marronniers au faîte inaccessible et mol ;

Que plein d'oiseaux hardis, de bourdons en tumulte,

Le jardin encombré de branches soit inculte ;

Que le temps soit si lourd d'orage et de chaleur

Qu'en restant immobile on s'y sente en sueur,

Et, qu'ayant desséché leurs flores paysannes,

les arbres aient l'odeur défunte des tisanes.