La berceuse

By Henriette Hervé

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

J'ai moins mal ce soir… Pourquoi ?… Devine

C'est bien toujours le même tourment

Mais il me chante pour le moment

Une tendre berceuse en sourdine.

Tendre, douce à mourir, et câline,

La berceuse dit le changement

Du visage vieilli de l'amant

Et sa jeunesse qui se termine…

En sourdine elle m'ôte un effroi,

Car je sais que pour d'autres que moi

Tes lèvres enfin seront sans charmes

Et tes regards dépourvus d'appas !

Mon tourment chante, chante tout bas…

J'ai moins mal… Et cependant mes larmes…