La blanche aminte

By Victor Hugo

Written 1893-01-01 - 1893-01-01

Sitôt qu'Aminte fut venue

Nue,

Devant le dey qui lui semblait

Laid,

Plus blanche qu'un bloc de Carrare

Rare,

Elle défit ses cheveux blonds,

Longs.

Alors, ô tête de l'eunuque,

Nuque

Du Bostangi, tu te courbas

Bas.

Le bassa, dont l'amour enflamme

L'âme,

À ses pieds laissa son mouchoir

Choir,

En disant : — Ne sois pas rebelle,

Belle,

Tes pieds blancs et tes blonds cheveux

Veux.

Or c'était le bassa d'Épire

Pire

Qu'un vrai moine et plus qu'un manchot

Chaud,

Faisant turques et circassiennes

Siennes,

Et pour soi seul en nourrissant

Cent.

Donc, à sa parole exigeante

Gente

Aminte ne dit au vaurien

Rien.

Elle inclina son cou de cygne,

Signe

Qu'elle trouvait le vieux corbeau

Beau.

Quand ses femmes virent Aminte,

Mainte

Jalouse idée à plus de vingt

Vint.

Longtemps le sérail infidèle

D'elle

Parla, puis de ses cheveux blonds

Longs,

Les blanches qu'à Chypre on rencontre

Contre,

Et les noires de Visapour

Pour.