La canne

By Jules Barbier

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Hélas ! on était convaincu

Que Moltke était mort ; il respire !…

Or, voici ce qu'il vient de dire :

« Pas un fusil, pas un écu,

» Rien, pas même une sarbacane,

» A la France ne restera ;

» Nous lui laisserons une canne

» Dont elle se pavanera ! »

— Une canne ! quelle imprudence,

Maréchal ! vous n'y songez pas !

Elle peut battre la cadence

Et vous faire changer le pas !

Pour qui veut s'en donner la peine

Les cannes ont plus d'un emploi ;

A la France républicaine

Il n'en faut pas plus, croyez-moi,

Pour administrer à la Prusse,

Sans oublier personne, — fût-ce

Guillaume-le-Victorieux,

Sa cour de rois, un peu mêlée,

Bismark, et vous-même avec eux, —

La plus effroyable volée

Qui jamais ait frotté le dos

De la valetaille et des sots !