La Coupe

By Auguste Lacaussade

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Artiste habile, ô mon Vulcain !

De ce riche métal, ciselé par ta main,

Qu'il naisse une coupe aussi belle

Que le Printemps est beau ! Que la rose nouvelle

S'ouvre et fleurisse sur ses bords !

Dans les contours polis du suave cratère

Ne grave ni combat, ni tragique mystère,

Ni rites consacrés aux morts ;

Non, graves-y plutôt, de roses couronnées,

Cypris au sourire divin,

Applaudissant à l'hyménée ;

Et le jeune Évius, l'ennemi du chagrin,

Le fils de Jupiter, le Dieu père du vin !

Sous la vigne aux tiges pliantes

Montre-nous, le front lourd de pampre et de raisin,

Les Amours désarmés et les Grâces riantes ;

Montre encor, guidés par Éros,

Un beau groupe d'enfants aux boucles ondoyantes :

Que sur un tapis frais de myrte et de lotos

Joue avec eux le blond Phoibos !