La douleur a crié

By Pierre Quillard

Written 1897-01-01 - 1897-01-01

La douleur a crié du fond des belles heures.

Les roses du jardin, le parfum que tu fleures

L'opulente senteur de l'été triomphant

S'évanouit ; le meurtre souffle avec le vent :

La douleur a crié du fond des belles heures.

Pantelante, Andromède agonise à jamais.

Un suprême baiser aux lèvres que j'aimais,

Et dans le rouge soir je brandirai l'épée,

Puisque hors du verger calme, Cassiopée,

Pantelante, Andromède agonise à jamais

Mais l'invincible orgueil vit dans les treize étoiles.

Si la tempête hurle et lacère les voiles,

J'attends sans peur l'assaut des vagues et des cieux ;

Les astres immortels réconfortent mes yeux

Et l'invincible orgueil vit dans les treize étoiles.