La façade

By Henri Régnier

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

Glorieuse, monumentale et monotone,

La façade de pierre effrite au vent qui passe

Son chapiteau friable et sa guirlande lasse

En face du parc jaune où s'accoude l'Automne.

Au médaillon de marbre où Pallas la couronne,

La double lettre encor se croise et s'entrelace ;

A porter le balcon l'Hercule se harasse ;

La fleur de lys s'effeuille au temps qui la moissonne.

Le vieux Palais, miré dans ses bassins déserts,

Regarde s'accroupir en bronze noir et vert

La Solitude nue et le Passé dormant ;

Mais le soleil aux vitres d'or qu'il incendie

Y semble rallumer intérieurement

Le sursaut, chaque soir, de la Gloire engourdie.